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Trimurti, la trinité indienne

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Parmi les milliers de dieux qui peuplent la mythologie du yoga, il y en a trois d’importance particulière. Brahma, Shiva et Vishnou. Pourquoi?

Les rishis, sages de l’antiquité indienne, ont médité de longues années et ont observé le fonctionnement de la flore, des animaux, de la terre, l’eau, le feu, l’air, le comportement des énergies subtiles, de notre mental, le mouvement des planètes et des astres… Ils tirèrent plusieurs conclusions par rapport à la nature profonde de l’univers. Pour nommer ces qualités complexes, des images, des noms, des mantras et des histoires sont venus appuyer l’explication et le partage de ces concepts, et ainsi naquirent les dieux. Comme dit un vieil adage indien: « L’Absolu créa l’homme, et l’homme créa les dieux. »

De par leur observation consciente du déroulement de l’univers, les sages s’aperçurent que tout objet, toute personne, toute chose qui existe dans le temps passe nécessairement par trois étapes essentielles: sa création, son maintien, sa destruction. Un début, une durée et une fin. Ainsi, trois dieux prirent place pour représenter ces concepts: Brahma le créateur, Vishnou, celui qui préserve, et Shiva, celui qui détruit.

Brahma est un dieu qui est rarement vénéré en Inde. Il y a plusieurs histoires mythologiques qui expliquent le pourquoi, mais il y a aussi une explication logique. Pour la spiritualité indienne, le but de notre existence est la moksha ou libération de cette création. Ainsi, le dieu créateur n’est pas un dieu qui nous libère, mais plutôt qui nous lance dans le monde matériel où l’on se perd soi-même dans Maya, l’illusion. Le tridévi, ou la trinité féminine (Saraswati, Lakshmi, Durga) représentant la prakriti (matière, univers manifeste) a pris la place de Brahma, car, d’une façon indirecte, les divinités féminines sont naturellement associées à la création.

Vishnou est un dieu très populaire, car il représente le soutien de l’existence matérielle. Il représente aussi indirectement l’abondance, la beauté, la santé, la vitalité. Étant le dieu qui garde le Dharma en ordre, il est celui qui s’incarne le plus. On connaît dix de ses incarnations – ou les dashavataras – et curieusement, leur évolution chronologique va du plus primitif (vie sous-marine) vers le plus élevé, un maître spirituel et un rédempteur cosmique.

Matsya (un poisson), Kurma (une tortue), Varaha (un sanglier), Narasimha (Lion), Vamana (le nain), Parashurama (le guerrier), Rama (le prince guerrier), Krishna (le prince raffiné), Gautama (le maître illuminé) Kalki (le rédempteur cosmique).

Ainsi, Vishnou représente l’incarnation du divin dans la création elle-même.

Shiva représente la destruction, ce qui n’est pas mal vu dans la pensée indienne en général. Quand on mange une pomme, par exemple, la première chose que l’on fait est de la détruire (Shiva) avec nos dents, pour maintenir (Vishnou) notre corps et créer (Brahma) de nouvelles cellules. Ainsi, la destruction d’un élément permet la survie et la création d’un autre élément.

D’un point de vue axé sur la méditation, Shiva n’est pas seulement la destruction, mais aussi, la dissolution. Dissolution de la conscience en elle-même, dissolution d’un objet dans sa propre nature… Ainsi, Shiva, souvent représenté comme un Yogi des Himalayas, symbolise le cheminement spirituel, la discipline du yoga, le mystère et le mystique, le retour vers soi…

On peut appliquer cette connaissance. On peut méditer sur le fait que chaque étape de l’existence est le support de l’autre. Méditer sur la création en chantant, écrivant, faisant de la peinture. Méditer sur le soutien en bien choisissant notre nourriture, en respectant notre corps et celui d’autrui. Méditer sur la destruction en se préparant pour notre mort.

Bonne méditation!

Professeur de yoga et musicien, Philippe est passionné par la corrélation entre son, méditation et conscience. Il apprend le Yoga traditionnel sous l'aile de Yogacharya Prahaladji à l'Ashram de Sivananda où il est formellement initié à la tradition du Védanta. Il élargi son éventail en apprenant le Yin Yoga avec Mélanie Richards dans le cadre d'une formation professorale. Amoureux de la musique classique indienne, Philippe suit des cours de chant classique hindustani depuis 2012. Il poursuit maintenant ses études de musique classique et yoga du son avec les frères Gundecha, maestros de Dhrupad, style musical reconnu par son aspect profond et méditatif. En plus d'enseigner dans plusieurs centres, Philippe anime des Kirtans et cercles de chant, ateliers de méditation, yoga du son et Hatha yoga dans l'île de Montréal.

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