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Le jour où je me suis choisie

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Aujourd’hui, à l’âge de 37 ans je me sens moi.  Je me sens femme.  Je me sens vivante et j’aime ma vie.  Tout n’a pas toujours été ainsi…

Pour ce premier blogue, je me suis posé beaucoup de questions sur ce que j’avais à partager.   Sur ce qui pourrait vous intéresser.  Et finalement, je choisis de vous ouvrir les pages de mon histoire afin que vous puissiez mieux comprendre mes futurs blogues.

Donc, reprenons là où nous en étions : aujourd’hui, à l’âge de 37 ans je me sens moi.  Je me sens femme.  Je me sens vivante et j’aime ma vie. Tout n’a pas toujours été ainsi…

J’ai débuté tôt les rouages de la vie d’adulte.  À 18 ans, j’apprends que je suis enceinte.  Mon petit copain de l’époque (qui l’ait encore soit dit en passant, malgré quelques obstacles et tourments) tout comme moi, tombe de très haut.  Nos familles respectives aussi!  Après beaucoup de discussions, de consultations professionnelles afin de nous orienter dans les choix qui s’offraient à nous (comme si nous avions beaucoup de choix!), nous prenons la décision de devenir parents à 19 ans.  Vous serez sans doute d’accord avec moi pour dire que ceci n’était pas le chemin le plus facile à prendre et moi je peux vous le confirmer!  Ce n’était pas le plus facile, mais c’était MON chemin.

Provenant tous les deux de familles tissées serrées, aimantes et aidantes, les valeurs qui nous ont été transmises par nos parents, ont permis aux deux adolescents que nous étions encore, de grandir et d’accepter cette nouvelle vie.  Plusieurs années s’écoulent, deux autres enfants voient le jour.  La vie familiale, le boulot, les activités des enfants me transportent dans un tourbillon sans fin.  De nature empathique, compréhensive, attentionnée et généreuse, j’en oublie qui je suis.  Les enfants, mon conjoint, mes parents, ma famille, mes amis, mes collègues de travail, en fait tout le monde me semble plus important que moi-même.   Non seulement j’en oublie qui je suis, mais j’ai l’impression de ne pas savoir du tout qui je suis!  En fait, je me demande si je l’ai déjà su!  Peut-on savoir qui l’on est, ce que l’on veut, ce qu’on aime ou pas,  à l’âge de 18 ans?   J’avais l’impression que ma personnalité, celle qui transcende l’âme, avait arrêté d’exister à partir du moment où je suis passée de l’adolescente à l’adulte-parent le temps de l’appel téléphonique de mon médecin.  C’est comme si j’avais décidé de m’effacer du premier plan de ma vie, dès cet instant.   Je ne dis pas que ce ne fut pas de merveilleuses années.

Mes enfants sont ma plus belle fierté, ma plus belle réussite.  Je n’ai jamais remis en question le choix que j’ai fait il y a maintenant presque 20 ans.  Jamais.  Ce fut le plus merveilleux des chemins que j’ai choisi d’emprunter.   Veuillez remarquer que j’ai employé le mot « choisi ».  Ce point précis de mon existence a été un point tournant.  Un point décisif.  Un point de non-retour.  Et je l’ai « choisi ».   Par contre, en faisant ce choix, je n’étais pas obligé de m’effacer.   Je pouvais aussi choisir de briller.   Mais ce n’est pas ce que j’ai fait… je vous épargne la psychologie cachée de cet effacement,  qui serait beaucoup trop longue et ennuyeuse, croyez-moi!  Par contre, ce que vous devez comprendre c’est que les années ont passé, où tout, absolument tout, passait avant moi.  Les gens, les activités (des autres), tout!  Pas parce qu’on me l’imposait, seulement parce que je laissais ceci se produire.  Je ne tenais pas du tout les reines de ma propre vie.  Je laissais les autres, et la vie elle-même, diriger ma vie….

Sans m’en apercevoir, je nourrissais tranquillement au fond de moi une bête qui allait bientôt faire surface.   Plus les années passaient, plus j’avais l’impression que mon âme s’éteignait.  Pourtant, j’avais tout pour être heureuse!  Des enfants incroyables, un amoureux génial, des parents merveilleux, un frère et une sœur extraordinaires, une belle-famille rêvée, plusieurs amis, un travail correct et respectable, bref, rien ne pouvait laisser croire qu’à l’intérieur de moi, se cachait cette bête prête à surgir d’un moment à l’autre.   Pendant des années, je me suis levée la nuit pour pleurer, couchée en petite boule sur le plancher de ma salle de bain.  Je n’avais aucune idée pourquoi je me sentais si mal à l’intérieur.  J’ai tout remis en question.  Toute ma vie.  Ne sachant plus ou pas qui j’étais, je me suis encore plus perdue.  Ma vie amoureuse est devenue compliquée et j’ai tout perdu…

Pourtant, c’est durant cette période que j’ai débuté la pratique du yoga.   Dès mes premiers pas dans ce local de yoga, j’ai su que c’est par celui-ci que je retrouverais l’équilibre.  Une “vibe” incroyable m’envahissait à chaque pratique.  Je savais que ma route, celle qui m’apporterait sur ma mission de vie, sur mon X à moi, ce trouvait à quelque part dans le yoga.   C’est aussi vers la fin de cette période de tournante que je décide d’entreprendre une formation de quatre années afin de pouvoir un jour enseigner le yoga.   Je ne savais pas à quel point cette formation allait changer ma vie.  Et je savais encore bien moins, que durant les deux premières années de formation j’allais me sentir encore plus perdue, que je descendrais encore plus profond, que je vivrais des douleurs qui déchirent l’âme en deux.   J’ai pensé mourir, littéralement.

Un jour, sur une route entre Baie-Comeau et Montréal, j’ai vu ma vie défiler devant moi.  Beaucoup de gens souffraient, autour de moi, et j’avais l’impression que c’était par faute, et seulement par ma faute.   La douleur au fond de ma poitrine était insupportable et il y avait ce camion devant moi qui roulait dans ma direction.  Une fraction de seconde, en le voyant au loin, j’ai vu ma voiture se fracasser sur celui-ci.  Cette fraction de seconde où j’ai choisi de vivre, malgré la douleur, malgré les épreuves, malgré tout ce qui avait pu nourrir la bête tapie au fond de moi, était un point de non retour, un point tournant décisif de mon existence.  Exactement comme à 18 ans, je prenais une grande décision. Je ne savais pas encore où tout ceci allait me mener.  Je ne savais pas encore quel chemin j’allais prendre, mais je savais une chose, à partir de ce moment précis, je me choisissais MOI.  Bien sûr, j’allais vivre encore des difficultés.  Bien sûr, la douleur était toujours là, toujours si intense.  Mais je l’acceptais.  Je l’accueillais.  Je lui laissais toute sa place afin qu’elle s’exprime haut et fort.  En fait, je la voulais.  Je voulais la prendre dans mes bras, la bercer tendrement.  Cette douleur qui déchire l’âme, je l’aimais inconditionnellement.  Grâce à elle, j’étais en vie et je voulais vivre.  Je voulais vivre en me choisissant moi.  J’avais 34 ans, presque 35, et j’écrivais les dernières pages de ma première vie…

Le 5 décembre 2014, jour de mon anniversaire, un nouveau livre s’ouvre.  Il est doux.  Il est beau, mais il est tout simple, sans flafla.  Sa couverture me ressemble, et ses pages sont blanches.   Le 5 décembre 2014, jour de mon anniversaire, je tiens un crayon entre mes mains, le crayon avec lequel j’écrirai le livre de ma deuxième vie.  Celui où il n’y a que moi qui choisis ce que je veux y inscrire.   À partir ce moment, j’ai poursuivi ma formation professorale de yoga en sachant avec certitude que grâce à elle, j’étais allée au plus profond de moi, visiter la bête, lui permette de s’exprimer, afin que je puisse reprendre les reines de ma vie.

Depuis que je me suis choisie MOI, et que je continue dans cette direction, la vie est douce.  La vie me surprend.  La vie m’épate!  Parfois, la douleur refait surface, et je voudrais l’enfouir, la cacher, l’étouffer… Mais chaque fois, une petite voix me chuchote à l’oreille de l’accueillir, de lui laisser sa place, de l’aimer.  Et tout doucement, tout devient calme.  Depuis que je me suis choisie MOI, j’ai fait un bon « cosmique » immense.  J’ai retrouvé mon amoureux, le père de mes enfants, je réalise mes rêves, et je rêve encore et encore.  Je suis tellement curieuse de voir jusqu’où tous ces rêves vont me mener!

Aujourd’hui, à l’âge de 37 ans je me sens moi.  Je me sens femme.  Je me sens vivante et j’aime ma vie.  Maintenant, chaque jour est le jour où je me suis choisie…

N’oubliez jamais deux choses : la vie est belle et tout est parfait!  Tout ce qui nous arrive existe pour quelque chose.  Nous ne pouvons pas choisir les épreuves que nous traverserons, mais nous pouvons toujours choisir comment nous allons accueillir et traverser les épreuves.   Je suis convaincue qu’il existe quelque chose de bien plus grand que nous qui sait exactement pourquoi nous devons passer par certaines douleurs.  Ayons confiance en cette vie qui est la nôtre et aimons-nous assez pour nous choisir NOUS à chaque jour qui passe!

À la prochaine pour un tout autre blogue!

Marie-Eve Fournier!

1 commentaire

  1. Isabelle Audy

    6 août 2017 à 4:30

    Marie-Ève,

    J’ai bien aimé ton blogue et après lecture j’en viens à la conclusion que d’une façon ou d’une autre nous remettons tous nos vie en question. Pour ma part, c’est au niveau de ma carrière que je me questionne. À 41 ans je viens de réaliser que ma vie n’a été que travail-travail-travail, j’ai toujours mis ma carrière au premier rang dans ma vie et je n’ai jamais pensé à moi. Mais ton texte m’a encouragé à croire que c’est possible de changer.

    Merci pour ce blogue

    Isabelle

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