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Le courage d’habiter l’Espace Liminal

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‘’Qu’est-il arrivé à notre capacité à demeurer dans le non-savoir, de vivre à l’intérieur d’une question et de coexister avec les tensions de l’incertitude? Où est notre volonté d’incuber la douleur et de laisser naître quelque chose de nouveau ? Qu’est-il arrivé au notre capacité à laisser éclore doucement, à l’endurance ? Ce sont ces choses qui forment le sens même de l’attente.’’ –  Sue Monk Kidd

Au courant de notre vie, nous aurons toutes à vivre ces moments de transitions.  Nous ne pouvons nous réclamer vivantes, et vivant pleinement, que si nous passons à travers ce processus de dissolution, transformation et renaissance.

Cet espace entre la dissolution et la renaissance, entre le ‘ce qui était et n’est plus’ et ‘ce qui est en devenir mais n’est pas encore manifesté’ est ce que nous appelons l’espace liminal.  Il est situé à la frontière entre le subconscient et le conscient, au seuil de nos perceptions, de notre entendement.  C’est un espace qui se loge entre l’ombre et la lumière : le clair-obscur, qui précède l’émergence.

Il s’agit de l’incubateur de tous les possibles où non seulement l’ancien se désintègre, mais où le nouveau est invité, où les transformations profondes ont lieu, avec la richesse du potentiel et des possibilités.

Cet espace liminal ou de transition est un processus interne lors duquel nous acceptons le changement; il passe invariablement par une période de deuil d’un espace ou définition du ‘soi’ ou de la façon dont nous habitions ou naviguions notre vie. Il peut s’agir également d’un changement nécessaire où une transformation complète de notre façon d’habiter notre réalité est demandée.

Souvent ces moments sont décrits comme un état où nous, où une partie de notre vie, semble être en ‘suspension’.  Certains le décrivent comme un ‘trou noir’ où rien n’est temporel, où rien n’est palpable.

L’auteur et théologien Richard Rohr décrit cet espace comme ‘un endroit où nous sommes entre le familier et le complètement inconnu, il n’y a que notre vieux monde qui reste, alors que nous ne sommes pas sûr encore de la nouvelle existence.  C’est un espace riche où le vrai renouveau peut débuter.  Allez-y souvent et restez aussi longtemps que vous le pouvez, par tous les moyens possibles… C’est l’espace sacré où l’Ancien Monde peut se désagréger et où un monde plus grand est révélé.  Si nous ne rencontrons pas d’espace liminal dans notre vie, nous commençons à idéaliser la normalité.  Ce seuil est la salle d’attente du divin.  Ici, on nous enseigne ouverture et patience dans l’attente (…).

Ce qui passe dans la phase sombre de la liminalité est un processus de décomposition dans l’intérêt de redéfinir le sens : le sens de notre vie, le sens de la place que nous y occupons, le sens de la façon dont nous choisissons de l’habiter.

Cette coupure prend la forme d’une période de marge, de retrait, qui peut être difficile à vivre, car cela nous plonge dans une intériorité au cœur même de l’inconnu.  Nous perdons la majorité de nos repères, de ce qui nous définissait jusqu’ici.  Il s’agit également d’un moment d’une richesse infinie, possédant les cadeaux de tout ce qui est possible.  Il requiert une profonde présence à soi, non le ‘soi’ que nous pensions être, mais le soi au-delà de ce que nous connaissons, le soi intérieur, situé au niveau de l’être et du cœur, de qui nous sommes dans notre essence même.

Bien qu’il puisse s’agir d’un endroit difficile à habiter, une immense offrande s’y trouve, si nous avons le courage de laisser cet espace nous habiter : c’est celle du lâcher-prise, cet espace où le corps soudain se pose, se re-pose, ou l’esprit relâche toute attache, dans le silence de l’être. Il est source de pouvoir, car nous pouvons dans cette dissolution choisir ce que nous ramènerons de ‘l’autre côté’.   C’est l’endroit où nous emmenons également la conscience afin de nous ‘re-créer’.

Lorsque nous nous trouvons dans cet espace du juste perceptible, autant au niveau de l’être que de notre vie, nous pouvons ressentir de l’anxiété.   Il requiert de nous le courage d’apprendre à vivre dans ce ‘non-savoir’, et de le laisser nous former.

Les rites de passage peuvent nous aider à habiter cet entre-deux en instaurant un temps et un espace de coupure nécessaires destinés à souligner cette transition entre l’état antérieur et l’état postérieur, à honorer cet entre-deux au lieu de chercher à le fuir ou à l’enfouir. Afin d’en retirer toute la richesse, il est nécessaire d’approcher les sentiments qui émergent de cet état d’être liminal avec intention.  Nous pouvons choisir d’inviter ce qui doit émerger à se manifester tout doucement par la création intuitive via le collage ou la peinture, l’élaboration d’un autel où des objets qui nous appellent y sont posés comme talismans, et par l’écriture automatique où nous laissons tout simplement couler tout ce qui a besoin de sortir et de se révéler à nous.

Peu importe la façon que nous choisissons d’habiter cette espace, il est important de rechercher le soutien de personnes ayant une présence soutenante qui elles-mêmes ont vécues cette période, et de prendre soin de soi radicalement.

En ces temps où il semble que tout soit en transition, en redéfinition, notre capacité à habiter cet espace est essentielle, afin que nous en ressortions avec les outils et la vision nécessaires pour mettre au monde une société où chaque femme, chaque fille a droit à sa voix, l’usage exclusif de son corps, la souveraineté sur sa propre vie.

Isabelle est enseignante de Yoga, facilitatrice SoulCollage, coach en Créativité intentionnelle et professeur de Peinture intuitive diplomée. Sa recherche vers l'atteinte de l'équilibre intérieur et de la plénitude a débuté au début de la vingtaine par l'étude de la naturopathie. De celle-ci, les médecines énergétiques retiennent son attention et elle se penche sur les médecines chinoise, ayurvédique et les travaux du Dr. Bach. En 1998, le bien-être et la plénitude ressentie lors d'une pratique de yoga touche profondément son coeur et elle se penche sur la philosophie tantrique non-dualistique pendant près de 10 ans partagée avec sagesse par deux professeurs de yoga expérimentées de la région de Montréal, avant d'obtenir 2 certifications comme enseignante de yoga. En 2006, elle découvre lors d'un atelier au centre de Yoga Kripalu le SoulCollage et est enchantée par ce processus à la fois simple et puissant. Désirant approfondir ses connaissances et partager cette modalité autour d'elle, elle devient facilitatrice en 2013. Dès 2014, le désir d'expression artistique prend de l'ampleur et elle peint des mandalas. Puis, en 2015, elle entreprend des études en créativité intentionnelle et en peinture intuitive. Isabelle aborde l'acte de création artistique et corporelle comme une passerelle vers notre sagesse intérieure, comme un portail pour accéder aux messages profonds contenus à l'intérieur de soi. Via diverses pratiques, elle croit sincèrement qu'il est possible d'accéder aux désirs contenu au plus profond de notre être afin de pouvoir vivre un vie qui en soit le reflet. Elle croit profondément qu'il est possible à tous d'accéder à cette partie du Soi qui est à la fois nourricière, curative et puissante. Isabelle facilite des cercles de femmes et des ateliers lors desquels sont exploré divers moyens de se connecter plus profondément et instinctivement à notre sagesse intérieure, dans le but de vivre en raisonnance avec la vitalité et l'authenticité de notre propre cœur et à se reconnecter à la joie. Pour entrer en contact: risetoyourself@gmail.com

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