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Il était une fois… le sirop d’érable

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Il était une fois… car n’oublions pas que si notre or blond se retrouve désormais sur les tablettes des épiceries, à portée de main dans de belles bouteilles, fin prêt à rehausser nos crêpes farcies, nos légumes racines et autres petits plats cuisinés avec amour, nos ancêtres ont dû trimer dur pour percer le mystère de nos érables… Donc, il était une fois. L’histoire derrière ce produit bien à nous et qui, pour ma part, trône fièrement dans le réfrigérateur et n’a pas le temps de cristalliser tellement la famille l’adore. Il était une fois l’histoire de cet or blond pas banal, mais commun un peu, quand même, puisqu’on en retrouve vraiment partout, dans notre coin de pays, chaque jour, et qu’une maison sans sirop d’érable est une maison presque marginale. Cet or blond coule tellement dans nos veines, et depuis si longtemps, qu’il est devenu pour nous un produit acquis et qu’on achète facilement, sans trop se poser de question, sans trop s’intéresser à l’histoire, derrière, à ses origines, surtout, et au travail contenu dans ces quelques centaines de millilitres achetés avec tant de facilité, vite savourés, vite oubliés.

 

Nokomis et Manabush

Une légende parmi tant d’autres raconte que Nokomis, la Terre, a été la première à percer les trous dans les érables pour que s’en écoule un sirop déjà fort épais, prêt à l’usage. Manabush, son petit fils, craignait la paresse des hommes qui se délectaient sans faire d’effort de ce sirop qui coulait à même les arbres. Par une nuit sans lune, alors que les hommes repus dormaient profondément dans leurs maisons, Manabush monta tout en haut d’un érable et versa à l’intérieur de l’arbre de l’eau, transformant ainsi, et pour toujours, le sirop en eau d’érable. Depuis ce temps, les hommes, par la suite, n’eurent plus le choix de faire bouillir cette eau pour la transformer en sirop. Avez-vous déjà visité une érablière? Vous savez sans doute l’effort que requiert la transformation de l’eau d’érable en sirop. Avec ses 40 litres d’eau, un seul arbre fournit à lui seul… un maigre litre de sirop! La forêt doit donc travailler très fort pour nous fournir toute cette précieuse eau d’érable. Aux acériculteurs des temps modernes, soyez averti que votre dur travail est la conséquence de la peur d’un jeune sage de rendre l’homme paresseux…

 

Nos ancêtres, au-delà de la légende

Il y a très longtemps de ça, bien avant que les Européens viennent « explorer » les terres de la Nouvelle-France, pourtant déjà bien occupées, les Amérindiens entaillaient les érables à l’aide de leur tomahawk. Ils fixaient à l’entaille une goutterelle au bout de laquelle un récipient en écorce, posé à même le sol, recueillait l’eau précieuse. Pour la transformer en sirop, les Attikameks y plongeaient des pierres brulantes, permettant ainsi l’évaporation de l’eau. Les Hurons et les Iroquois, quant à eux, faisaient bouillir l’eau d’érable dans un contenant d’argile suspendu au-dessus du feu. À chacun, donc, de produire son sirop avec les instruments et la science de l’époque.

 

Les colons récupérèrent l’idée de fabriquer du sirop d’érable, mais ils en améliorèrent la technique. Leurs chaudrons de métal, qui toléraient de plus hautes températures, leur permis de transformer le sirop en sucre. Louis XIV lui-même se délectait de dragées à l’érable que les gens d’affaires lui envoyaient. Grâce aux érables et à l’enseignement des Amérindiens, le sucre d’érable était la principale source de sucre chez les colons de la Nouvelle-France. Le temps et l’expérience leur ont permis de parfaire leurs techniques. Au début du 20e siècle, encore, la cueillette de l’eau d’érable était une activité familiale et son usage n’était pas encore voué à des fins mercantiles. Les précieuses chaudières étaient déposées dans un traineau tiré par un cheval. Ce n’est qu’à la fin des années 20 que l’industrie de l’érable prend son envol. Néanmoins, encore aujourd’hui, le temps des sucres signifie l’arrivée du printemps et des journées qui se prolongent. Une seconde naissance après une longue période de dormance.

 

L’arbre de la vie

Les Amérindiens en connaissaient déjà les bienfaits pour la santé et les premiers colons se protégeaient du scorbut et demeuraient en santé plus facilement en buvant l’eau d’érable, riche en vitamines et en minéraux. Bien après eux, en avril 2017, a eu lieu, à San Francisco, le premier symposium mondial consacré aux découvertes scientifiques sur l’érable. La présence d’inuline dans le sirop d’érable fait partie d’une de ces découvertes. L’inuline est un prébiotique qui favorise la croissance des bonnes bactéries dans l’intestin. Riche en vitamines, en minéraux, en polyphénols (dont le québécol), en acides aminées et en inuline, le sirop d’érable est bien plus qu’un simple sucre. C’est un alicament. Fait encore plus intéressant : ce n’est pas tant la quantité de québécol qui intéresse les chercheurs que ses propriétés anti-inflammatoires. Le québécol ayant été synthétisé en laboratoire, il ne serait peut-être pas étonnant qu’un jour, notre bel érable inspire un médicament. Bref, même s’il faut faire preuve de modération, le sirop d’érable renferme 20 composés antioxydants qui nous protégeraient du cancer… et que nous ne retrouvons pas dans le sucre blanc et dans la cassonade. Le sirop d’érable serait également antibactérien et antidiabétique! Qui l’aurait cru, à part peut-être les Amérindiens qui n’ont pas attendu les résultats de la science pour en expérimenter les bienfaits…

 

Mon précieux…

De mon côté, j’utilise le sirop d’érable dans bon nombre de recettes, et pas seulement dans les desserts! Je me rappelle les « grands-pères » cuits dans le sirop que me préparait mon grand-père! J’en raffolais. Mais j’ignorais encore à cet âge que j’utiliserais le sirop d’érable si souvent dans ma cuisine. Ne le dites à personne, mais j’adore caraméliser du tofu dans le sirop d’érable et rectifier l’acidité de ma sauce tomate et de mon chili avec une cuillère de sirop d’érable au lieu d’utiliser du sucre blanc. J’en verse quelques gouttes dans mes smoothies et dans ma pouding au chia (1 tasse de lait d’amande pour 4 cuillères à soupe de chia. Faire gonfler quelques heures). Mon overnight oat ne manque pas de mordant : ½ tasse de flocons d’avoine, 2 c. à soupe de chia, 1 tasse de lait d’amande et un peu de sirop d’érable. J’aime y ajouter des fraises surgelées biologiques. Je mélange dans un contenant pour apporter et je dépose au frigo pour la nuit. Le lendemain, hop, voilà un déjeuner sur le pouce absolument délicieux.

 

Le sirop d’érable est aussi infaillible dans la vinaigrette à salade. Dans le cas d’une vinaigrette trop acide, n’hésitez pas à ajouter un peu plus de sirop d’érable pour l’adoucir. Je vous présente aujourd’hui ma recette de vinaigrette parfaite. Je craque pour sa belle couleur rouge !

 

Ma recette de vinaigrette parfaite

 

¼ de tasse d’huile de lin, ou de chanvre, ou de l’huile d’Udo

¼ de tasse d’huile d’olive ou d’eau

¼ de tasse de vinaigre de vin rouge

1/3 de tasse de sirop d’érable

1 cuillère à thé de graines de céleri

1 cuillère à thé de paprika

1 cuillère à thé de moutarde de Dijon

 

Mélangez. Versez. Remerciez les érables.

 

En passant, j’aime bien encourager les amis et je craque pour les produits Richer et cie, maîtres sucriers depuis quatre générations. Si vous passez par le Fairmount Manoir Richelieu lors de la Débâcle de Charlevoix le week-end de Pâques, vous aurez tout le bonheur de déguster leur tire sur la neige et découvrir leurs bons et si beaux produits. Surveillez-les!

 

Je vous souhaite un excellent début de printemps et du sirop d’érable plein vos recettes!

 

Johanick

xxx

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