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Être un toxicomane et un alcoolique en 2018

Par  |  15 Commentaires


Bonjour chers lecteurs. Aujourd’hui, le sujet est un effleurement de la toxicomanie et l’alcoolisme, version 2018. En fait, je suis moi-même une alcoolique et une toxicomane. Je ne ressens aucune gêne à me décrire avec ces qualificatifs. Ils aident à rappeler la noirceur où j’étais. Je suis en rétablissement depuis 15 ans. Et, je n’ai rien consommé depuis 11 ans. Rien du tout. Pas un cachet d’ecstasy ni un verre de vin pour relaxer. Pas un trait de cocaïne le jour de l’an ou un soir de semaine pour me récompenser. Rien du tout. Et je ne souffre pas de ce choix. Je suis libre et heureuse.

L’alcoolisme et la toxicomanie sont des concepts encore mal perçus dans notre société. Ils sont tabous au même titre que les maladies mentales. La première image qui nous vient quand on pense à un alcoolique est l’homme au costume délabré couché sur un banc de parc ayant tout perdu. C’est notamment, la personne qui pour fonctionner, boit un verre d’alcool le matin pour calmer les tremblements. Le fameux cliché de la femme toxicomane : celle qui se prostitue dans les rues de Montréal, la seringue au bras, la jupe très courte. Eh bien non. Une personne ayant un trouble d’utilisation de substances (nouvelle appellation dans le DSM-5), c’est aussi cette personne qui boit du vendredi au dimanche, elle a des obsessions en lien avec l’alcool ou la drogue. Elle peut oublier des moments de sa soirée et ressent souvent des remords le lundi matin pour avoir autant dépassé les bornes. Alors qu’au départ, elle s’était promis d’être raisonnable. Elle vit de l’anxiété causée par les abus d’alcool et de drogues, son fonctionnement social en est altéré, elle vit une détresse. Hélas, c’est aussi notre collègue, notre soeur, notre voisine, notre père. Ces êtres humains ont en commun leur incapacité de contrôler leur consommation et ils ressentent un vide intérieur. Ils ne peuvent s’empêcher de boire à nouveau lorsqu’il essaie d’arrêter.

Si vous connaissez quelqu’un qui ne peut jamais s’arrêter longtemps de consommer, des références sont ajoutées à la fin de l’article.

Devenir dépendant est honteux. Lorsqu’une mère de famille boit jusqu’à perdre son estime personnelle et sa dignité, nous pouvons dire qu’elle est dépendante. Toutefois, ayant côtoyé des centaines de personnes en rétablissement et désirant s’en sortir, il y a des qualités méritant d’être soulignées de ces êtres d’exceptions. Quand ces humains mettent à l’œuvre leurs qualités à la reconstruction au lieu de la destruction, nous assistons à des miracles.

Voici une liste des plus grandes forces que j’ai observées depuis 10 ans dans ma profession en tant que conseillère en dépendances d’une part et en tant que toxicomane en rétablissement. Leurs forces sont les assises de la résilience témoignant que les toxicomanes et les alcooliques ont en eux, ce qu’il faut pour s’en sortir. Un jour à la fois.

Les 10 forces les plus grandes que les alcooliques et les toxicomanes ont en eux: 

  1. Ils ont une volonté indescriptible
  2. Ils ont la détermination à apprendre de leur erreur
  3. Ils sont capables d’empathie envers les autres
  4. La solidarité est une qualité très naturelle en eux
  5. La persévérance coule en leur veine
  6. Ils sont travaillants donc appréciés par les employeurs
  7. Ils ont la foi, la spiritualité est facile pour eux
  8. L’amour inconditionnel les habite
  9. Ils sont capables d’écoute sans jugement
  10. Ils sont une belle capacité à pardonner

Il faut beaucoup d’amour pour se sortir d’une dépendance, pour se reconstruire et pour aimer une personne ayant un problème d’alcool. Comme le dit Marie Laberge dans son livre : «  Treize verbes pour vivre », je la cite :

« Aimer contient des enseignements qu’aucun maitre, aucun livre ne peut offrir »

Alors c’est avec l’amour que nous réussissons à surmonter nos combats et retourner vers la lumière. N’ayez donc plus peur et comptez sur vos plus grandes forces, chers dépendants si attachants, pour vous en sortir.

Namaste,

Karine Gagné

 

Références

Alcooliques Anonymes

https://aa87.org

Cocaïnomanes Anonymes

http://www.cocainomanes-anonymes.org

Aide Drogues et Références

http://www.drogue-aidereference.qc.ca/www/index.php?locale=fr-CA

 

Karine est une alcoolique et une toxicomane en rétablissement depuis 15 ans. Ayant faite des études universitaires en psychologie, elle a plusieurs formations en relation d'aide, comme entraîneuse privée, et en intervention. À travers les années, elle développe sa spiritualité et se passionne pour l'écriture, le développement personnel, les chihuahuas, la méditation et tout ce qui touche à l'amélioration du bien-être global. Sa collaboration au blogue à MYV est avant tout une façon pour elle d'inspirer les êtres, soucieux d'éveiller leur conscience et la meilleure version d'eux-même. Je vous invite à la lire et la découvrir dans ses couleurs à travers l'écriture. Namaste.

15 commentaires

  1. Daniel Blanchette

    17 février 2018 à 7:44

    Bonjour Karine, quel plaisir de lire un article pertinent pour mon rétablissement. Il me rejoint sur plusieurs points. J’ai longtemps été un conso de fin de semaine avant que la maladie étende ses tentacules.Combien de temps ai-je vécu dans la honte en m’isolant? Depuis que je m’affiche ouvertement, j’en récolte une fierté de dire non à toute offre. Dans mon cas, cela m’aide beaucoup dans mon rétablissement.La nouvelle appellation psychologique va probablement être une bonne chose pour aider des gens à s’identifier à la maladie. Merci pour cet article. Comme je te l’ai déjà dit..très belle plume..parait que c’est une passion. Gros calin.

    • Karine

      17 février 2018 à 3:28

      Bonjour Daniel,
      Merci beaucoup pour ton message Daniel. Je suis contente que les idées du texte te rejoint sur plusieurs points et que tu récoltes de la fierté de dire non à présent. Oui c’est toute une fierté. Je te souhaite de continuer à bien prendre soin de toi. Câlin, amitié. Karine 🙂

  2. Christine Poudrier

    18 février 2018 à 11:01

    Bonjour pour moi la plus grande source de mes problèmes dèbute avec le sentiment ou l’ émotion que je vis ou ai vécu qui m’amène à une consommation à une dépendance….sexe / bouffe / jeu / séduction / drogue / alcool / médicament…..donc j ai trouver pour moi une fraternité qui s identifié plus à la cause de ma dépendance qu’ à la dépendance en telle qu’elle. Les ÉMOTIFS Anonymes voir sur internet ceux qui sont les plus prêt de votre régions.
    Merci ÉA DE M’AVOIR DONNER SE BEAU MODE DE VIE.

    • Karine

      19 février 2018 à 8:10

      Bonjour Christine, merci de votre commentaire. Je suis contente que vous avez trouvé un endroit qui vous convienne. Le mode de vie est tellement un beau cadeau. Oui merci. Bonne journée Christine. 🙂 Karine

  3. Malenfant Lorraine

    19 février 2018 à 9:45

    Bonjour Karine , J’ai beaucoup apprécié ton texte. J’ai déjà 30 ans de sobriété. Je me pince pour savoir si c’est vrai ! Ce que j’ai trouvé de mieux pour moi est d’aider l’alcoolique qui souffre encore! Gratitude pour ma nouvelle vie ! Gratitude pour ce beau programme .

    • Karine

      19 février 2018 à 1:22

      Bonjour Lorraine, bravo pour les 30 ans. Wow! Ce n’est pas rien. Oui tout a fait. Entièrement d’accord avec vous, la magie est là. 🙂 Merci pour le commentaire. Karine

  4. France

    19 février 2018 à 10:29

    Bonsoir Karine,
    J’ai fêter mon 13 ans d’abstinence la semaine passée!!!! J’en suis très heureuse je pratique le yoga depuis plus de 15 ans et je suis professeur de yoga également d’ailleurs je trouve que le mode de vie et la philosophie de yoga sont parallèlement liés.
    Je vais me procurer ton livre pour sûre et je t’invite sur nos belles îles de la Madeleine .
    Namaste

    • Karine

      24 février 2018 à 5:45

      Bonjour France, félicitations pour les 13 ans. C’est vraiment génial que tu sois professeure de yoga en plus. Je suis d’accord avec toi que les philosophies du mode de vie et du yoga sont liées. J’adore le yoga et sa philosophie. Un jour je vais écrire un livre. Ha les Iles de la Madeleine, j’aimerais bien y aller. Je te fais signe si jamais…Namaste. Merci encore pour les mots. Karine x

  5. France

    19 février 2018 à 10:31

    Mon commentaire est celui d’avant
    Au plaisir
    France

  6. France

    19 février 2018 à 10:32

    Il est disparu 😕😊

  7. luc

    20 février 2018 à 11:19

    Merci pour c’est témoignages moi sa fait 32 ans le 10 Février pas d’alcool ni de drogues, mais maintenant je sais que je suis atteint d’une maladie, aussitôt que je débarque de mon mode de vie spirituelle je tombe en ivresse mental ivresse mental égale obsession dépression ect ect je trouve juste dur rencontré car la plupart des femmes parle d’une bouteille de vin sur leurs profils…Première étape nous avons avoué notre impuissance devant l’alcool et la drogue et nous avons perdu la maitrise de notre vie je me surprend à la perdre encore si je suis pas dans mon mode de vie….

    • Karine

      21 février 2018 à 6:49

      Bonjour Luc,
      Bravo pour les 32 ans, ce n’est pas rien. Oui la spiritualité est la clé. Bonne journée aujourd’hui. Karine

    • Karine

      24 février 2018 à 5:42

      Bonjour Luc. Merci de ton commentaire. Bravo pour les 32 ans. Passe une belle journée. Paix. Karine

  8. Guylaine Germain

    22 février 2018 à 6:33

    Bonjour et merci Karine…
    Nous nous sommes connues au CRAM. Je garde un beau souvenir. Hasard que cet article, j’en ai eu besoin et que en sois l’auteure? Je ne crois pas. J’ai rechuté après 13 ans d’abstinence. J’ai en ce moment le désir d’arrêter. Et je vis avec l’amour de ma vie qui souffre dans la cocaïne, et la honte. Ton article me ramène à l’essentiel. Merci de nous rappeler nos qualité… Elles nous font du bien. Namaste et câlin.

    • Karine

      24 février 2018 à 5:42

      Bonjour Guylaine, Oui je me souviens de toi. Et oui je suis l’auteure de l’article. Je suis désolée que tu as rechuté après 13 ans, ce n’est pas rien. Cela me ramène à voir l’impact insidieux de la maladie. J’entends bien que le désir est revenue pour l’abstinence, je te souhaite de revenir et d’être libre. Oui nous avons des forces et parfois le focus est tellement trop souvent mis sur les failles. Nous avons des forces, tu as des forces. Je suis contente d’avoir pu te rejoindre avec mes mots. Namaste. Câlin en retour. 🙂 xx Karine

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