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Envie de manger ou faim véritable?

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Lorsque notre corps expérimente la faim, la vraie, après des semaines de jeûne, alors qu’il a brûlé ses réserves et ses déchets, avant d’attaquer les organes nobles… Alors il déclenche la faim, sensation extrême, durable, signal urgent de réalimentation. Famine et fringale ont disparu de l’Europe, et pourtant elles continuent de provoquer en nous des crises de folies, des pertes de contrôle par peur irraisonnée de manquer. À l’occasion de la sortie du Miracle du Jeûne le 12 octobre, nous nous interrogeons sur la faim et l’envie de manger. En fait, pourquoi avons-nous faim ? Et pourquoi avons-nous tant de mal à ne pas céder à nos pulsions alimentaires ? Les mécanismes qui nous font ressentir le besoin de nous alimenter sont différents du mécanisme de la vraie faim. Ils sont multiples et tout autant physiologiques que psychologiques.

1/ Des habitudes et des réflexes bien ancrés :

• Nous grandissons en entendant : « Finis ton assiette », « Tu ne sortiras pas de table sans avoir tout mangé », et nous prenons l’habitude de finir le repas sans être à l’écoute de nos besoins réels. Nous apprenons à avaler n’importe quoi, n’importe quand, pour ne plus entendre !

• Nous nous habituons à des quantités d’aliments dans l’assiette qui correspondent rarement à nos réels besoins. Or, l’habitude réconfortante d’être bien « calé » après un repas signifie déjà que nous avons trop mangé. Penser que l’on a encore « faim » si ça n’est pas le cas est une erreur d’appréciation… Il est indispensable d’éviter les très grosses rations pesantes afin de ne pas s’habituer à la satiété par surdistension de l’estomac. Nous devrions sortir de table avec encore une sensation de faim et ne pas confondre plaisir et satiété !

• Nos horloges internes nous leurrent également : les mécanismes de la digestion (comme la salivation) se déclenchent à heures fixes, en fonction de nos habitudes de prise de repas, que nous ayons ou non besoin de manger.

• Les « faims de saison » nous font nous nourrir davantage dès l’automne (avec mise en réserve des graisses) afin de ne pas « manquer » pendant la saison froide (moins d’aliments végétaux) et d’avoir assez de stockage de graisse pour résister au froid.

2/Des signaux du corps « mal compris » :

• Les pics d’insuline en réponse à des prises alimentaires trop sucrées (sucres rapides) entraînent une baisse brutale de la glycémie et déclenchent en peu de temps des sensations de « faim urgente » (alors que nous sommes encore en train de digérer le repas précédent). Pour autant, cette baisse de glycémie ne provoque pas forcément cette hypoglycémie que nous redoutons tant – faiblesse, tête vide, jambes qui flageolent, sueur, bouffée de chaleur… L’hypoglycémie, sauf pour le diabétique, n’existe pas ! S’il avait fallu que nos lointains ancêtres aient des malaises s’ils ne mangeaient pas à heures fixes, nous ne serions pas là pour en parler ! Mais, dans nos pays riches, nous consommons tellement de produits sucrés (contrairement à nos ancêtres) que les réponses de l’organisme aux variations brutales de la glycémie (même si la glycémie reste normale) sont perturbées et incontrôlables. Soyons rassurés, la famine ne tue pas en un à deux jours et ne tue pas de toute façon par hypoglycémie.

• L’envie de manger sucré est également liée au manque de vitalité (notre vie contemporaine ne favorise pas beaucoup la régénération vitale). Malheureusement, la mauvaise alimentation et les heures passées à perdre notre énergie vitale à la digestion ne font qu’empirer le problème.

• Les intestins enflammés n’assimilent pas bien et nous laissent en carence malgré les nombreux repas absorbés. Nous ne sommes jamais bien nourris malgré les nombreuses prises alimentaires quotidiennes. L’organisme réclame alors l’élément essentiel dont il a besoin et déclenche une envie de manger irraisonnée. Les carences en micronutriments, en acides aminés essentiels et en acides gras insaturés conduisent à des hyperphagies. Nous multiplions les apports alimentaires et stockons l’excédent inutile.

• La chute du taux de sérotonine (hormone de la bonne humeur, de la satiété) vers 17 h nous pousse à ouvrir le frigo ou à nous jeter sur le chocolat toujours pour compenser cette baisse de tonus cérébral… N’oublions pas que ce neuromédiateur est fabriqué en majorité au niveau du cerveau entérique et qu’un intestin enflammé entrave cette synthèse.

• L’estomac enflammé, pesant, nous fait croire que l’on a faim : « j’ai l’estomac qui tire ! ». En fait, il brûle et n’a besoin que d’eau.

• Nous pouvons confondre également le signal de soif avec celui de faim et ainsi manger alors qu’il suffit de boire un verre d’eau. Idem pour l’intestin qui grouille (borborygmes) qui nous donne l’impression de devoir manger en urgence.

• Nous ne mastiquons pas assez et nous mangeons beaucoup trop vite, donc avalons beaucoup de nourriture avant de recevoir le signal de satiété.

Finalement, c’est en appréhendant les diètes, les monodiètes, les périodes de jeûnes intermittents puis les jeûnes un peu plus long que nous pouvons véritablement appréhender la faim et la vraie détoxification… Rien ne sert de courir !

Envie d’en savoir plus ? Découvrez Le Miracle du Jeûne, Ed. First (octobre 2017) de Pierre Lefebvre (docteur en pharmacie, naturopathe) et Anne-Claire Meret (naturopathe) 


Anne-Claire Meret publie en février 2016 l’ouvrage Recettes Détox Gourmandes en collaboration avec Garlone Bardel, puis en juin 2016, La Naturopathie pour les nuls en collaboration avec Anne-Marie Narboni (préface de Henri Joyeux), chez First Editions.

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