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4 mois plus tard au pays du Ceylon – Les impressions d’une yogini

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Il fait chaud mais la brise fraîche caresse ma peau. Les effluves du bon café, la musique reggae dans les oreilles, le son des tasses et des assiettes qui s’entrechoquent dans l’évier du café trendy de la main road. Arugam Bay est belle. Elle est bonne, elle n’est pas toujours facile, mais j’ai appris à faire avec, j’ai appris à aimer sa lumière et son monde, comme ses côtés plus obscurs et les désagréments qui viennent avec le fait de vivre en haute saison dans une station balnéaire en Asie.

Ici, au Hideaway Blue café, je sirote mon double allongé. Les passants tournent la tête et regarde ce qui se passe de ce côté de la rue. Le café se cache derrière une muraille orangée. Il n’y a qu’un bar côté rue avec quatre tabourets offrant aux voyageurs la possibilité de voir les employés le cœur à l’ouvrage. « Barista men », « sandwich man », le staff s’active à une vitesse digne des grandes métropoles. Rien à voir avec le rythme local habituel, mais sans pour autant ressentir un stress malsain. Les « owners » comme leurs employés, sont posés, calmes, mais concentrés et efficaces dans leurs tâches. Ils sourient, se font l’accolade, bossent tous les uns avec les autres en rigolant. Ils savent que d’ici quelques heures, ils pourront retrouver leur famille ou se préparer pour leur prochaine session de surf, car le café ferme ses portes à 14h. On entend les commandes criées dans les airs par un petit homme moustachu assis au coin du bar côté jardin, en sri lankais ou en anglais, elles sont réceptionnées par l’équipe qui s’assure que chacun ait à boire et à manger.

Je ne peux pas dire que les derniers mois ont été faciles, mais je peux sans aucun doute affirmer avoir appris à mieux me connaître et surtout, avoir appris à faire confiance au processus et à lâcher-prise. Après près de 4 mois sur la côte est du Sri Lanka, j’ai enfin déniché une opportunité de remplacement en tant que prof de yoga au sein de ce « resort » très réputé de la belle ville d’Arugam Bay. J’avais remplacé ici et là dans un autre gros hôtel en face, j’avais également commencé à partager ma passion pour le yoga sporadiquement depuis chez moi, mais d’une semaine à l’autre j’étais constamment baignée dans une incertitude absolue. Allais-je être capable de payer mon loyer ? Allais-je être en mesure de manger à ma faim ? Drôle de s’imaginer que cela puisse être possible… On se dit souvent, en temps qu’Européens ou « western« , que la vie en Asie est si peu chère ; que d’y vivre bien est ultra accessible! Et bien en ce qui me concerne, après avoir mis toutes mes économies dans cette petite « beach house » en juin dernier, j’ai dû me serrer la ceinture et apprendre à vivre de l’essentiel.

Cesser d’acheter n’importe quoi et commencer à prévoir les repas, à fermer les yeux devant les boutiques cadeaux et souvenirs… Commencer à surfer sur place au lieu de toujours payer les chauffeurs de tuk tuk pour aller explorer les spots de la côte. Réduire au maximum les frais. Vivre simplement. Dormir, manger, partager, rencontrer des gens dans l’eau, cuisiner à la maison, ralentir et ressentir… Profiter des petits moments. Côtoyer les Sri Lankais dans le village local. Rouler à bicyclette au lieu de toujours payer pour se faire trimballer paresseusement à gauche et à droite en 3 roues. Prendre de l’autonomie, se créer de nouvelles habitudes de vie, être dans sa bulle et accepter que les choses puissent être bonnes pour soi même si elles sont parfois difficiles à vivre au départ.

Aller à l’essentiel. En ai-je réellement besoin ? Ai-je vraiment besoin de cette magnifique robe en lin ? (oui)!  Ai-je assez faim pour manger ce « smoothie bowl » ? Ne pourrais-je pas être en mesure de me le concocter à la maison ? Rapidement, j’ai pris le réflexe de faire les courses, une à 3 fois par semaine pour remplir le frigo de fruits et légumes, je cuisinais jusqu’à présent de chez moi. Au lieu de faire les boutiques, je trouvais des idées de robes sur Pinterest, je magasinais les tissus (beaucoup moins cher) et je faisais confectionner mes robes sur mesure chez le tailleur du coin. Les débardeurs et shorts en jeans dont je croyais ne pas être capable de me passer me paraissent maintenant ternes et fatigués après toutes ces lessives à l’eau chaude. Avec la température qui frôle les 35 degrés Celcius tous les jours, le port de la robe ample et fluide prend tout son sens. Couvrir ses épaules et genoux me paraissait anodin au départ avec mon esprit rebelle et mon envie de peau hâlée, mais j’apprécie davantage maintenant le respect dans le regard des gens d’ici quand il me côtoie ; on me complimente, les femmes veulent savoir où j’ai trouvé tel ou tel tissu… bref, ça fait plaisir !

Maintenant… manger dans cet endroit magique (le Hideaway Blue café) et siroter ce café délicieusement addictif fait partie de mon salaire. J’ai l’impression de pouvoir enfin profiter… À tous les jours maintenant, je me lève, je prépare le « milk tea« , breuvage traditionnel local à base de thé noir, de miel et de lait en poudre. Pas très « healty » vous me direz, et bien c’est très bon ! et quand je n’en ai pas envie, c’est du thé vert, et c’est très bien !

Encore aujourd’hui ; après la séance de yoga, quelques élèves restent et discutent, posent des questions, partagent leur expérience de vie. Ensuite une courte baignade dans la magnifique piscine creusée sous les frangipaniers et les cocotiers, juste le temps de se rafraîchir avant d’enfiler mes vêtements de rechange et me diriger tranquillement au restaurant. Sous le toit en bois, petite musique de fond, belle ambiance sonore et olfactive. Le chat de la place, un magnifique félin au pelage blanc et aux yeux bicolores se prélasse sur la rambarde derrière moi.

Je déguste une assiette déjeuner ; pancakes à la farine de noix de coco, sirop de coco et fruits frais. Un véritable délice tant pour les yeux que pour les papilles gustatives… Parfois c’est un smoothie bowl, parfois c’est des œufs à la Sri Lankaise… Le chef a travaillé en Australie, en Nouvelle-Zélande aussi, il est ouvert sur le monde et ça se transpose dans les assiettes qu’il concocte avec son cœur…

Le temps de manger, de relaxer, et ensuite de passer du côté de la boutique Hideaway. Où les magnifiques pièces de la ligne de vêtement simple, chic et ethique, Kaana, sont exposées sur un portant en bamboo. A l’intérieur du « container » faisant office de boutique, les surfboards se tiennent droits et fiers. La cire et les petits contenants de zinc à l’effigie Surf Yogis donnent envie d’aller à l’eau pour une prochaine session de surf… Alors que les sarongs, sacs et foulards nous font voyager tant par la qualité de leur matière que par les motifs multiples et les couleurs magnifiques, les draps de lit aux couleurs locales d’influences asiatiques et indiennes font rêver les touristes qui ont envie de ramener une partie de cette destination chez eux… Salty Swamis, la marque de commerce des frères qui possèdent ce café ainsi que le charmant bar qui ouvre ses portent le soir venu, nous proposent aussi des cartes postales digne d’œuvres d’art. Photos, images, dessins. Là où la créativité côtoie l’état d’esprit des surfeurs et des yogis. Papiers à rouler format extra large également disponible sur le comptoir caisse, sans culpabilité ni malaises ; ici les gens fument et on aime ça.

Il est presque 13h, j’ai fais 90 minutes de yoga, je me suis baigné, j’ai savouré un fabuleux petit dèj, j’ai fouiné et papoté dans la boutique avec Keshia, copine d’un des Salty Swamis’s brother et designer de la ligne Kaana. Je me suis posé au comptoir du café, j’ai rediscuté avec un ami, j’ai écris et maintenant je vais doucement me préparer à plier bagage pour rentrer chez moi. Je devrais encore ramasser le « rice & curry » du repas du midi dans mon Tupperware, mais je l’ai laissé à la maison et … je n’ai pas très faim bien honnêtement ! Comme on dit bien souvent, ce n’est pas la quantité qui compte, mais bien la qualité… ‘’Less is more’’.  J’adore cette nouvelle routine. Je sais qu’elle ne sera pas éternelle, mais enfin, je sens que je m’approprie un peu plus cet espace magique, ce lieu de prédilection des voyageurs et touristes de passage à Arugam Bay !

En espérant vous avoir fait rêver un peu…

Ma « beach house » sera en location très bientôt ! Le temps d’une semaine ou d’un séjour plus long ; fermez les yeux et imaginez un instant que vous êtes ici vous aussi…

Au plaisir

Bonne journée

Namaste

 

 

 

Passionnée, dégourdie, curieuse et rêveuse, Stéphanie s’intéresse au yoga dès l’adolescence et adopte cette pratique ancestrale qui devient dès lors son mode de vie. Massothérapeute depuis 2003, mais également Bachelière en gestion et design de la mode à l’École Supérieure de mode de Montréal, elle travaille pendant quelques temps dans l’univers de la mode avant de faire le grand saut! En 2010, après 10 ans de pratique personnelle en yoga, elle entame une formation en enseignement du Hatha et Vinyasa Yoga auprès de Sylvie Tremblay : Fondatrice et directrice du centre Yoga Sangha à Montréal. Certifiée en 2011, elle enseigne à Montréal chez Nautilus Plus ainsi qu’au Studio Bliss et à Laval, au Centre Yoga Santé. Elle prend part à des cours communautaires chez lululemon athletica et offre également des cours en privé. Elle poursuit sa quête chez Resource Yoga en 2012 et entame une formation en Yoga thérapie. À l’automne 2013, elle quitte Montréal pour les Alpes françaises où elle met sur pieds sa propre association à l’Alpe d’Huez : YOGA LOVE. Amoureuse du mouvement, de l’anatomie, de la santé et de la nutrition, mais également des mots et de l’écriture, Stéphanie touche à tout : Bloggeuse, massothérapeute, coach en alimentation, enseignante de yoga (hatha, vinyasa, yoga thérapie et SUP yoga) Stéphanie n’a qu’une seule envie, partager sa passion pour le yoga avec tout le monde!

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